Mon proche/mon enfant est impliqué dans l’accident
L’accident s’est produit, brutalement et soudainement, votre conjoint(e), votre parent, votre frère/sœur, votre ami(e) ou votre enfant est touché(e) physiquement et mentalement. Depuis cet événement, vous voyez peut-être des changements chez cette personne et vous vous inquiétez pour elle. Peut-être que vous êtes vous-même impacté(e) par l’annonce de l’accident et/ou les répercussions de celui-ci. Vous trouverez ci-dessous un premier éclairage quant aux réactions de votre enfant ou de votre proche et quelques pistes sur le soutien que vous pouvez lui apporter. Si vous souhaitez mieux comprendre ce que votre proche peut ressentir, n’hésitez pas à prendre également connaissance des questions dans « Je suis impliqué(e) dans l’accident ».
Nous espérons que vous y trouverez une première source de soutien, de pistes, voire même peut-être de réconfort. Notre équipe de psychologues reste à votre disposition au 081/821.321 afin de vous écouter, d’échanger sur votre vécu ou encore de vous réorienter vers toute aide spécialisée.
L’enfant impliqué dans un accident de la route, quel que soit son âge, peut vivre des répercussions psychologiques. Tout comme l’adulte, il peut lui aussi potentiellement devenir anxieux, hypervigilant, triste, développer des peurs, se poser des questions, etc. Nous pensons souvent, à tort, que l’enfant ne peut pas être atteint comme l’est l’adulte car il n’a pas la même compréhension des événements que ce dernier. Or l’enfant a sa propre perception et compréhension de ce qu’il se passe autour de lui, et peut lui aussi tenter de la partager ou d’y mettre du sens, de façon consciente ou inconsciente, par divers canaux d’expression tels que le jeu ou le dessin par exemple. Confronté à des moyens d’expression bien différents du nôtre et parfois plus explosifs, nous pouvons être quelque peu déroutés par les réactions de l’enfant.
Les réactions de l’enfant et de l’adolescent au choc émotionnel sont donc différentes, en grande partie, de celles de l’adulte. De même, la façon d’exprimer la détresse est différente selon l’âge de l’enfant. La souffrance de l’enfant de 2 ans se manifeste différemment de celle de l’enfant de 8 ans ou encore de l’adolescent de 14 ans.
Pour exemple non exhaustif, le bébé dort plus et est moins tonique ou au contraire trouve moins le sommeil et semble plus agité. L’enfant de 4 ans adopte des comportements qu’il avait lorsqu’il était plus petit comme sucer son pouce ou uriner au lit. L’enfant de 8 ans semble ne pas pouvoir se concentrer, ses notes scolaires chutent. L’adolescent de 16 ans devient « ermite » ou au contraire, ne cesse d’entreprendre des activités à sensations fortes voire qualifiées de dangereuses.
Evidemment, tous les enfants et adolescents ne développent donc pas systématiquement un état inquiétant suite à l’accident. Quoiqu’il en soit, il est important d’y porter un regard bienveillant et attentif. Lorsque l’enfant adopte des comportements qu’il n’avait pas avant l’accident, que vous le trouvez différent, replié sur lui-même, plus émotif, ce sont des signes que cet événement l’a grandement bouleversé. Pour exemple : votre enfant était joueur, bavard et sociable avant l’accident. Après l’accident, vous observez qu’il échange moins, qu’il ne va plus facilement vers les autres enfants, qu’il a des difficultés à se séparer de vous, ou encore qu’il joue de façon récurrente des scénarii empreints de violence. Ces changements de comportements sont des indices que votre enfant a besoin d’un coup de pouce pour exprimer ce qu’il garde sur le cœur et à l’esprit. Si vous observez ce genre de signes, pensez à aller consulter un psychologue pour votre enfant. Notre service peut également vous réorienter vers des psychologues pour enfant et adolescent.
Dans tous les cas, après l’accident, la communication reste un outil précieux. Si l’enfant pose des questions, répondez le plus honnêtement possible, même si les mots ne sont pas toujours faciles à trouver. Soyez ouvert quant au sujet de l’accident, de ses peurs, de ses pensées, de ses interrogations, sans toutefois forcer la parole. Rassurez-le quant à votre disponibilité, votre présence et sa propre sécurité.
L’accident de la route est un événement qui ne laisse pas indemne. Ce n’est pas parce que votre proche ne mentionne pas l’accident et son vécu qu’il n’y pense pas et qu’il n’est pas sous le choc. Il n’est pas question de forcer la personne à parler mais de simplement lui faire comprendre que vous n’oubliez pas ce qu’il a traversé et ce qu’il traverse peut-être encore. Par une présence, une parole, une question, une aide dans les démarches administratives, votre proche se sentira soutenu. Il s’agit de respecter ses besoins, en toute bienveillance. S’il/elle ne souhaite pas en parler, respectez-le. S’il/elle souhaite au contraire en parler, écoutez-le/la. En effet, un autre cas de figure est que votre proche en parle sans cesse. C’est surement nécessaire pour lui/elle mais cela peut vous paraitre pesant au bout d’un moment. Si vous sentez que vous perdez patience, assurez votre présence, exprimez votre désir de l’aider et votre sentiment d’impuissance face à son discours répété, avant de peut-être lui soumettre des pistes d’aide professionnelle et/ou notre ligne Infovictimes.
Bien que votre intention soit bonne, essayer de le rassurer ou de le réconforter en lui disant « Mais ça va aller » ou encore « Tu es vivant(e), c’est le plus important », « Cela aurait pu être pire », donne très souvent l’impression à la personne que vous minimisez et banalisez ce qu’elle vit et ressent. La reconnaissance de ce qu’elle éprouve passe dans votre écoute attentive et dans l’intérêt que vous portez à ce qu’elle vous partage, sans essayer de couper court aux émotions qui émergent.
Vous avez peut-être l’impression de devoir trouver les mots justes. Toutefois ce ne sont pas les mots justes que la personne attend mais plutôt votre présence, car il/elle sait très bien qu’il n’existe pas de mots magiques.
Les procédures d’expertise, les soins médicaux, les démarches judiciaires sont lourdes et angoissantes pour la personne. La soutenir peut passer par reconnaitre que c’est difficile et lui proposer de l’accompagner par exemple.
Peut-être que votre proche aura des réactions que vous trouverez déroutantes : irritabilité, inattention, humeur dépressive, perte d’intérêt, isolement, etc. Il est possible que lui-même ne se reconnaisse plus depuis l’accident, ce qui est encore bien plus déstabilisant. Si cela perdure et prend de l’ampleur au quotidien, il est possible que votre proche montre des signes de stress post-traumatique.
Qui peut m’aider ?
Cette injonction est le signe que vos proches s’inquiètent de votre bien-être, qu’ils aient constaté ou non un mal-être chez vous. Ils se veulent bienveillants ou ont exprimé leur impuissance et veulent vous aider ou que vous vous fassiez aider.
Aller voir un psychologue après l’accident n’est aucunement une obligation. La seule recommandation est d’être attentif(ve) à ce que vous vivez. Que ce soit dans les jours qui suivent l’accident ou des années plus tard, il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour consulter un psychologue tant que vous en ressentez le besoin et que la décision relève de vous-même. Si vous sentez une pression d’aller consulter de la part de vos proches, ouvrez la discussion avec eux. Pourquoi insistent-ils ? Ont-ils remarqué quelque chose qui les inquiètent ? Echanger ensemble vous permettra de comprendre leurs inquiétudes mais aussi de pouvoir les rassurer.
Le psychologue et la consultation individuelle ne sont d’ailleurs pas les seules options. Il existe également des groupes de parole pour personnes endeuillées, pour personnes vivant avec des douleurs chroniques ou encore pour parler du choc qu’a pu représenter l’accident pour vous.
Prendre conscience de votre détresse et demander de l’aide représentent une des étapes les plus difficiles du parcours, si ce n’est pas la plus difficile. Vers qui se tourner ? Est-ce que ça va vraiment m’aider ? Et si ça, ça ne marche pas, qu’est-ce que je fais ? Cela voudra-t-il signifier qu’il n’y a rien à faire ? La démarche soulève beaucoup de questions et parfois beaucoup d’inquiétudes.
Aller consulter un psychologue n’est pas synonyme de folie ou de maladie mentale ou encore de faiblesse. Aller consulter un psychologue, c’est prendre soin de soi parce que nous avons, tous, un jour ou l’autre, besoin d’un coup de pouce face aux épreuves de la vie. Bien des techniques thérapeutiques ont d’ailleurs fait leurs preuves dans le domaine de l’événement potentiellement traumatique :
- EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing ou désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires) est une technique thérapeutique qui permet de débloquer les mécanismes naturels du cerveau en charge du traitement de l’information qui, depuis l’événement étaient suspendus. En effet, l’événement n’est pas digéré car le cerveau n’arrive plus à intégrer les informations, ce qui donne naissance aux différents débordements émotionnels que vous pouvez ressentir, « comme si » l’événement se reproduisait encore et encore. L’EMDR désensibilise les souvenirs pour qu’ils ne suscitent plus ces débordements.
- PTR (Psychothérapie du trauma réassociative) est une approche qui s’appuie notamment sur des techniques d’hypnose conversationnelle. La personne, plongée dans un état modifié de conscience, continue de converser avec le thérapeute pour venir opérer des changements sur les images et souvenirs de l’événement.
- Thérapie cognitivo-comportementale est une thérapie où patient et thérapeute travaillent ensemble sur les interactions pensées-émotions-comportements qui sont sources de souffrance chez cette personne. Cela permet de mieux comprendre les schémas qui se sont mis en place, d’adopter des comportements adaptés et de travailler sur les émotions. Ce sont des thérapies spécialement indiquées dans la gestion des angoisses et des phobies par exemple.
Ce ne sont évidemment pas les seules techniques, elles servent ici d’exemples pour vous montrer que vous pouvez atteindre un mieux-être grâce à certaines approches. Précisons tout de même que ce sont des techniques qui ne vous feront pas oublier l’accident, ni ce qui en a découlé mais qui vous permettront de vivre de manière plus apaisée sans être invalidé(e) par tous les symptômes apparus depuis. Comme nous l’évoquions, il existe d’autres approches (thérapie par réalité virtuelle, hypnose, pleine conscience, etc.), ce qui permet à chacun de trouver la piste qui lui convient. Puisque chaque personne est différente, réagit et vit les événements de sa propre manière, ce qui convient à l’un ne conviendra peut-être pas à l’autre. Tout comme le feeling passe ou non entre deux personnes pour de nombreuses raisons, il est possible que ce feeling ne passe pas entre vous et le thérapeute choisi. Si tel est le cas, aussi décevant et frustrant que cela puisse paraitre, ce n’est pas un échec. C’est un pas de plus pour trouver ce qui vous convient !
Sachez également que certaines personnes trouvent un apaisement dans les thérapies de groupes ou les groupes de parole, les ateliers de relaxation, l’art-thérapie, etc. Tout autant de pistes qui n’attendent qu’à être explorées. Qu’importe le temps écoulé depuis l’accident ou les difficultés accumulées, vous trouverez des ressources extérieures prêtes à vous aider, mais aussi des ressources intérieures que vous ne soupçonniez pas.
Quelques pistes…
- Site rassemblant des psychologues par région avec une présentation de leur spécialisation : www.lepsychologue.be
- L’association PEVR (Parents d’enfants victimes de la route) : www.pevr.be
L’association organise également des groupes de parole pour parents endeuillés. - L’Espace PAD (Parole et Accompagnement du Deuil) organise des groupes de parole pour adultes et enfants vivant un deuil : espacespad.be
- Mediante est un service de médiation réparatrice entre victimes et auteurs : www.mediante.be
- Les SSM (Services de santé mentale) de votre région : www.cresam.be
- Les SAV (Service gratuit d’aide aux victimes) ou SASJ (Service gratuit d’aide social aux justiciables) de votre région : www.victimes.cfwb.be/ou-trouver-aide/services-aide-victimes
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, et il existe bien d’autres pistes.
Vous y retrouvez parmi toutes les spécialisations psychologiques n’est pas toujours facile, si vous avez des questions, si vous ne trouvez pas l’aide que vous souhaitez dans cette liste, n’hésitez pas à nous contacter.