L’accident s’est produit, brutalement et soudainement, votre conjoint(e), votre parent, votre frère/sœur, votre ami(e) ou votre enfant est touché(e) physiquement et mentalement. Depuis cet événement, vous voyez peut-être des changements chez cette personne et vous vous inquiétez pour elle. Peut-être que vous êtes vous-même impacté(e) par l’annonce de l’accident et/ou les répercussions de celui-ci.

Vous trouverez dans un premier temps, un éclairage quant aux réactions de votre enfant et quelques pistes sur le soutien que vous pouvez lui apporter.
Des fiches explicatives sont également mises à votre disposition ci-dessous. Elles regroupent des informations sur les réactions des enfants en fonction de leur âge (0 à 1 an, 1 à 5 ans, 6 à 12 ans et enfin 12 à 18 ans) et de leur situation (blessé ou non, présent ou non dans l’accident) ainsi que des pistes de communication en famille.

Dans un second temps, vous trouverez des informations concernant le soutien à votre proche. Si vous souhaitez mieux comprendre ce que votre proche peut ressentir, n’hésitez pas à prendre également connaissance des questions dans « Je suis impliqué(e) dans l’accident ».

Nous espérons que vous y trouverez une première source de soutien, de pistes, voire même peut-être de réconfort. Notre équipe de psychologues reste à votre disposition au 081/821.321 afin de vous écouter, d’échanger sur votre vécu ou encore de vous réorienter vers toute aide spécialisée.

Mon enfant est impliqué dans l’accident

L’enfant impliqué dans un accident de la route, quel que soit son âge, peut vivre des répercussions psychologiques. Tout comme l’adulte, il peut lui aussi potentiellement devenir anxieux, hypervigilant, triste, développer des peurs, se poser des questions, etc. Nous pensons souvent, à tort, que l’enfant ne peut pas être atteint comme l’est l’adulte car il n’a pas la même compréhension des événements que ce dernier. Or l’enfant a sa propre perception et compréhension de ce qu’il se passe autour de lui, et peut lui aussi tenter de la partager ou d’y mettre du sens, de façon consciente ou inconsciente, par divers canaux d’expression tels que le jeu ou le dessin par exemple. Confronté à des moyens d’expression bien différents du nôtre et parfois plus explosifs, nous pouvons être quelque peu déroutés par les réactions de l’enfant.

Les réactions de l’enfant et de l’adolescent au choc émotionnel sont donc différentes, en grande partie, de celles de l’adulte. De même, la façon d’exprimer la détresse est différente selon l’âge de l’enfant. La souffrance de l’enfant de 2 ans se manifeste différemment de celle de l’enfant de 8 ans ou encore de l’adolescent de 14 ans.

Pour exemple non exhaustif, le bébé dort plus et est moins tonique ou au contraire trouve moins le sommeil et semble plus agité. L’enfant de 4 ans adopte des comportements qu’il avait lorsqu’il était plus petit comme sucer son pouce ou uriner au lit. L’enfant de 8 ans semble ne pas pouvoir se concentrer, ses notes scolaires chutent.  L’adolescent de 16 ans devient « ermite » ou au contraire, ne cesse d’entreprendre des activités à sensations fortes voire qualifiées de dangereuses.

Evidemment, tous les enfants et adolescents ne développent donc pas systématiquement un état inquiétant suite à l’accident. Quoiqu’il en soit, il est important d’y porter un regard bienveillant et attentif. Lorsque l’enfant adopte des comportements qu’il n’avait pas avant l’accident, que vous le trouvez différent, replié sur lui-même, plus émotif, ce sont des signes que cet événement l’a grandement bouleversé. Pour exemple : votre enfant était joueur, bavard et sociable avant l’accident. Après l’accident, vous observez qu’il échange moins, qu’il ne va plus facilement vers les autres enfants, qu’il a des difficultés à se séparer de vous, ou encore qu’il joue de façon récurrente des scénarii empreints de violence. Ces changements de comportements sont des indices que votre enfant a besoin d’un coup de pouce pour exprimer ce qu’il garde sur le cœur et à l’esprit. Si vous observez ce genre de signes, pensez à aller consulter un psychologue pour votre enfant. Notre service peut également vous réorienter vers des psychologues pour enfant et adolescent.

Dans tous les cas, après l’accident, la communication reste un outil précieux. Si l’enfant pose des questions, répondez le plus honnêtement possible, même si les mots ne sont pas toujours faciles à trouver. Soyez ouvert quant au sujet de l’accident, de ses peurs, de ses pensées, de ses interrogations, sans toutefois forcer la parole. Rassurez-le quant à votre disponibilité, votre présence et sa propre sécurité.

Pour de plus amples informations, vous trouverez ci-dessous des fiches explicatives classées en fonction de l’âge de l’enfant. Elles regroupent des informations sur les réactions des enfants en fonction de leur âge (0 à 1 an, 1 à 5 ans, 6 à 12 ans et enfin 12 à 18 ans) et de leur situation (blessé ou non, présent ou non dans l’accident) ainsi que des pistes de communication en famille.

Vous entendrez peut-être autour de vous cette injonction à la consultation suite à l’accident. Sachez que vous êtes la personne la plus à même de répondre à cette question car vous connaissez votre enfant mieux que personne. Avez-vous observé des changements dans le comportement de celui-ci depuis l’accident ? Ces changements impactent-ils sa qualité de vie (ne veut plus monter en voiture, cauchemars, colère, pleurs à l’idée de se séparer de vous, etc.) ? S’il vous est possible d’échanger avec votre enfant à ce propos, proposez-lui d’aller voir un psychologue avec des mots simples : « un endroit rien qu’à toi pour exprimer tes émotions ». Les psychologues pour enfants ont des techniques différentes comme la thérapie par le jeu, le dessin voire d’autres médias qui permettent à l’enfant de s’exprimer.

Dans les fiches explicatives ci-dessous, vous trouverez notamment des livres qui expliquent et dédramatisent l’intervention d’un psychologue.

Mon proche est impliqué dans l’accident

L’accident de la route est un événement qui ne laisse pas indemne. Ce n’est pas parce que votre proche ne mentionne pas l’accident et son vécu qu’il n’y pense pas et qu’il n’est pas sous le choc. Il n’est pas question de forcer la personne à parler mais de simplement lui faire comprendre que vous n’oubliez pas ce qu’il a traversé et ce qu’il traverse peut-être encore. Par une présence, une parole, une question, une aide dans les démarches administratives, votre proche se sentira soutenu. Il s’agit de respecter ses besoins, en toute bienveillance. S’il/elle ne souhaite pas en parler, respectez-le. S’il/elle souhaite au contraire en parler, écoutez-le/la. En effet, un autre cas de figure est que votre proche en parle sans cesse. C’est surement nécessaire pour lui/elle mais cela peut vous paraitre pesant au bout d’un moment. Si vous sentez que vous perdez patience, assurez votre présence, exprimez votre désir de l’aider et votre sentiment d’impuissance face à son discours répété, avant de peut-être lui soumettre des pistes d’aide professionnelle et/ou notre ligne Infovictimes.

Bien que votre intention soit bonne, essayer de le rassurer ou de le réconforter en lui disant « Mais ça va aller » ou encore « Tu es vivant(e), c’est le plus important », « Cela aurait pu être pire », donne très souvent l’impression à la personne que vous minimisez et banalisez ce qu’elle vit et ressent. La reconnaissance de ce qu’elle éprouve passe dans votre écoute attentive et dans l’intérêt que vous portez à ce qu’elle vous partage, sans essayer de couper court aux émotions qui émergent.

Vous avez peut-être l’impression de devoir trouver les mots justes. Toutefois ce ne sont pas les mots justes que la personne attend mais plutôt votre présence, car il/elle sait très bien qu’il n’existe pas de mots magiques.

Les procédures d’expertise, les soins médicaux, les démarches judiciaires sont lourdes et angoissantes pour la personne. La soutenir peut passer par reconnaitre que c’est difficile et lui proposer de l’accompagner par exemple.

Peut-être que votre proche aura des réactions que vous trouverez déroutantes : irritabilité, inattention, humeur dépressive, perte d’intérêt, isolement, etc. Il est possible que lui-même ne se reconnaisse plus depuis l’accident, ce qui est encore bien plus déstabilisant. Si cela perdure et prend de l’ampleur au quotidien, il est possible que votre proche montre des signes de stress post-traumatique.

Au reflet de votre inquiétude, vous aimeriez que votre proche consulte un psychologue. Toutefois, vous ne pouvez l’y forcer et cela s’avèrerait contre-productif. Vous pouvez lui exprimer vos craintes et les changements que vous constatez chez lui. Si vous le sentez enclin à accepter de l’aide, vous pouvez lui fournir une liste des psychologues ou groupes de parole disponibles dans sa région. Vous pouvez aussi orienter votre proche vers notre service où des psychologues pourront prendre contact avec lui et lui proposer un premier espace d’écoute.

Quelques pistes

  • Site rassemblant des psychologues par région avec une présentation de leur spécialisation : www.lepsychologue.be
  • L’association PEVR (Parents d’enfants victimes de la route) : www.pevr.be
    L’association organise également des groupes de parole pour parents endeuillés.
  • L’Espace PAD (Parole et Accompagnement du Deuil) organise des groupes de parole pour adultes et enfants vivant un deuil : espacespad.be
  • Mediante est un service de médiation réparatrice entre victimes et auteurs : www.mediante.be
  • Les SSM (Services de santé mentale) de votre région : www.cresam.be
  • Les SAV (Service gratuit d’aide aux victimes) ou SASJ (Service gratuit d’aide social aux justiciables) de votre région : www.victimes.cfwb.be/ou-trouver-aide/services-aide-victimes

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, et il existe bien d’autres pistes.
Vous y retrouvez parmi toutes les spécialisations psychologiques n’est pas toujours facile, si vous avez des questions, si vous ne trouvez pas l’aide que vous souhaitez dans cette liste, n’hésitez pas à nous contacter.